LOCALS- INTERNATIONAL #2

1 Shares
1
0
0

Changement de plan! La recette Locals International évolue, le poto Covalsky étant trop occupé à préparer une petite surprise, qui au final est une assez bonne excuse! Donc terminées les petites interviews téléphoniques, je me retrouve donc à 100% responsable de cette chronique. Ce qui ne me déplaît pas pour être tout à fait honnête. Les articles des magazines de skate ont toujours été une de mes plus grandes sources d’inspiration, et puis ma tranche d’âge, les trentenaires au dos engourdi ( on ne rigole pas!) en a plus que marre de voir seulement des posts instagram qui au final se ressemblent tous et que les abonnés “ scroll down” avec le cerveau déconnecté! Donc place à un peu de lecture!

Petit rappel pour ceux qui débarquent, je suis personnel navigant, ou steward, pour une compagnie aérienne. J’ai décidé après avoir récupéré mon travail perdu pendant le Covid d’utiliser mes voyages pour documenter les différentes skate scenes des lieux où je suis amené à passer mes escales au travers de reportages sur Youtube. Voici une toute petite journée de 24h à Dacca, capitale du Bangladesh.

J’atterris vers 9h du matin après un vol de nuit qui aura fait de moi un zombie une fois de plus.

Je suis déjà en contact avec Arif, le gérant et créateur du seul skateshop du pays, DOB skateshop. Fun fact, il est à 10 minutes de marche de l’hôtel, ce qui dans une ville aussi grande que Dacca est un peu comme avoir gagné à l’Euromillion. Chanceux, donc, je l’ai rencontré sur mon précédent layover ( ou “découché” pour les French speakers).

On est donc convenus qu’il me fallait une petite sieste et qu’on se rejoindrait pour filmer mon premier “Dropped In” à l’étranger sur le coup de 14h.

Après un trajet fun entre l’aéroport et l’hôtel, une petite douche, une sieste réparatrice et le pire croissant de ma vie à l’hôtel, je texte Arif.

“ we’re here waiting for you” 

“ on est là, on t’attend!” ( pour les French speakers encore!!)

Oh put*** !

Je remonte à la chambre, prends mon matos et ma board, et file en bas.

A l’angle de la rue, effectivement Arif et deux autres gars m’attendent en voiture. Je monte et on me présente à son frère Alimul et Rijan, un des skateurs montants du Bangladesh.

Alimul vient tout juste d’avoir son permis, et les «  routes » plus que douteuses du Bangladesh ne me rassurent pas! Il n’aurait eu qu’un seul accident en une semaine. Ah bon! Ça va! Tout ira bien Inshallah m’assure Arif! Premier stop, DOB skateshop, fondé par les deux frères Alimul et Arif en 2017.

«  Un ami est revenu d’Italie avec un skateboard que j’ai utilisé pendant une semaine. J’ai tellement adoré que j’ai voulu m’en acheter un. Mais je n’en ai trouvé nulle part.  J’ai donc décidé d’en acheter un en ligne et j’ai été surpris de voir à quel point les frais de port étaient élevés pour une seule board. On a donc acheté 25 boards car je me suis dit je n’étais sûrement pas le seul à vouloir skater ici. On a donc  d’abord commencé par créer un  skateshop en ligne. Ça nous a pris un an pour tout vendre! »

Ce n’est pas étonnant quand on réalise que le prix d’une board complète revient à 32€ à peu près, (soit 3500 taka pour du bois Russe ou chinois) et 100€ ou plus pour du bois canadien, alors qu’un salaire moyen est compris entre 9000 et 41000 taka, c’est-à-dire entre 100 et 380 euros. Pas sûr que vos parents dépenseraient un tiers de leur salaire pour acheter une board.

Nous arrivons donc sains et saufs au street spot, après avoir frôlé cinquante bus et sauté sur tous les trous de la route. J’en ai même profité pour interviewer Rijan, il a 22 ans et skate depuis 2019.

Apparemment il existe d’autres spots meilleurs que celui-là mais les embouteillages constants ne me donneront pas la possibilité d’y aller en si peu de temps. Ce sera donc le street spot du coin, où sont réunis quelques skateurs pour l’occasion!

Par street spot, entendez une rue, tout simplement, où le trafic est suffisamment faible pour nous laisser rouler. Ce sont surtout les tuktuks ( pousse-pousse) qui passent par là. Donc ce sera du flat et un trottoir que Rijan et ses potes s’amusent à monter en ollie et à utiliser en table à manuals. J’affronte donc le champion en herbe en Game of skate. Quelques flip et bs heelflip plus tard, je n’ai pas fait honneur à mon pays et son fakie Heelflip aura raison de moi! Mais quel plaisir de voir une dizaine de jeunes bangladais et même deux filles profiter des joies du skate!

Une petite “douche” à la fontaine avecRijan et son ami après la session

Nous sommes en plein mois du ramadan et après une session de quelques heures où ces jeunes de confession musulmane n’ont pas mangé depuis l’aube, ( seulement un peu bu), on se dirige à sept ou huit dans une voiture classique en direction du shop où il est convenu qu’on mangera l’Iftar ( repas où on sort du jeûne au coucher du soleil).

Je file me laver les mains aux toilettes dans le centre commercial où est localisé le shop et me demande si elles ne sont pas plus sales après avoir profité de l’odeur délectable de ce lieu public. Retour au shop, les gars sont déjà en train de préparer les petits plats locaux. Une fois  le repas prêt, nous mangeons avec les mains. Local me direz-vous, mais je suis ici pour m’imprégner de la culture et c’est tant mieux! On partage les bouteilles d’ice tea, les pois chiches épicés et autres sortes de samosas dans la bonne humeur. Il est tard et donc temps de retourner à l’hôtel.

Je dis au revoir à la bande de skateurs et Alimul m’accompagne à la sortie. Il me dit que rentrer en Tuk Tuk est la meilleure option, et qu’il va venir avec moi. Un dernier trajet hyper typique à la force des jambes de notre chauffeur en vélo pousse-pousse et je me retrouve à mon hôtel.

Pour terminer, j’aimerai faire un shout out à l’organisation  appelée “ Bangladesh street kids aid”, que vous pouvez trouver sur Instagram, qui aide les enfants défavorisés du Bangladesh à avoir une vie meilleure au travers de l’éducation et du skateboard. Jetez un œil à leur travail, un grand bravo à eux!

Merci DOB skateshop, à bientôt j’espère!

Florian / @objectifskatefilm 

LOCALS- INTERNATIONAL / English version

Change of plans! The locals International style is evolving, the homie Covalsky is too busy preparing a little ( big) surprise for you all, and I have to admit, it’s a pretty damn good excuse!

So no more phone calls and interviews like we did for Dubai, the rest is now 100% my own responsibility! And to be completely honest with you, I’m actually quite pleased with it!

The skateboarding magazines articles have always been a huge source of inspiration, and my generation, the people with back pain ( who’s laughing?) had probably enough of only seeing instagram posts that in the end are pretty much always the same, and the followers are only scrolling down lifeless with disconnected brains… I’m not gonna make only friends here!

Now it’s time to read for real!

Quick reminder for those who just arrived, I am cabin crew for an airline. I decided after getting back the job that I lost during the Covid crisis to use this opportunity and my travels to document the skate scenes in the different places I’d be spending some time through video reports on Youtube. I have then only a quick 24 hours Layover in Dhaka, the capital of Bangladesh.

It’s 9am and I just landed from one of those night flights that one more time left me looking like a zombie.

I’m already in touch with Arif, co founder of the only skateshop in the country, DOB skateshop. Fun fact, it’s located only 10 minutes walk from my hotel, and in a city like Dhaka, it’s pretty much the equivalent of being the lucky winner of a lottery.

I met him on my previous layover in the country and we organized everything for that day.

We agreed I needed a nap, and that we would meet around 2pm to film my first ever “ Dropped in” abroad.

Then, after a fun ride between the airport and the hotel, a much needed shower and nap, and the worst croissant of my life at the hotel, I text Arif.

“ We’re here waiting for you!”

Here? Waiting? F**k!

I run to my room to pick up my board and my filming gear and go down in a hurry.

Indeed, at the corner of the street, Arif and two other locals are waiting in a car. I get in, to meet Alimul, Arif’s brother and co founder of the shop, and Rijan, one of the rising skaters in Bangladesh.

Alimul has been enjoying his new driving licence for a week, and the “ roads” are not here to reassure me. He even tells me he had only one accident in a week. Only one! Oh that’s fine! Arif is confident that “ we’ll be fine, inshallah “, therefore I pray that Allah wants!

First stop, DOB skateshop founded by the two brothers in 2017:

“ my friend brought a skateboard from Italy and I used it for one week. I really enjoyed and wanted to get one for myself. But I didn’t find anywhere to buy one. I decided to check online but got surprised to see the shipping fees for just one board. It was cheaper to buy more boards, so we bought 25 boards because I thought I’m probably not the only one that wants to skate here. This is how we started our business, online based at the beginning. It took us 1 year to sell everything. “

Rijan

It’s not really surprising when you understand that the price of a complete ( skateboard) is around 32€ there,  which 3500 takas for Chinese or Russian wood.

If you want to buy the Canadian maple we’re used to, it’s at least 100€. An average salary in Bangladesh is between 9000 and 41000 taka, 100 to 380 euros…

Not sure that your parents would have used a third of their salaries for your stupid stunts innit?

So who’s lucky now?

We’re arriving now safe and sound on the spot, after  seeing from way to close a dozen buses and jumped on every holes of the road.

I used that peaceful drive to interview Rijan in the meantime. He’s 22 and skates since 2019.

There’s supposed to be much better spots around but the relatively short time I have here won’t allow me to go there.

It will have to be the street spot nearby! By street spot, understand a street.

Literally a street, where the traffic isn’t as crazy as the roads, mainly Tuktuks ( Dhaka is the city of tuktuks), so it gives the skaters space to ride. A few skaters are gathered for the occasion. It will be flat tricks and a curb that Rijan and his friends use as a manny pad. I’m up against Rijan in a game of skate.

A few flips and backside Heelflip later, I didn’t honor my country and Rjian’s fakie Heelflip gave me the coup de grace.

But how amazing is it to see a dozen Bangladeshi and even two girls having fun skateboarding!

Rijan et son ami qui ont pris une “douche” à la fontaine après the session / A little refreshing shower for Rijan and his friend after the session

We are in the middle of the month of Ramadan and I explained Arif last time that I would enjoy to film the local food. So after a session of a few hours while those Muslim kids didn’t have any food, just a few sips of water, here we are seven or eight people in one regular car going back to the skateshop where we decided to have Iftar together ( Which is the first meal after sunset).

Après avoir jeûné, repas au shop / Breaking the fast at DOB skateshop

I’m going to the mall toilets to wash my hands before the meal and I’m wondering if they’re not dirtier than before after enjoying this public place. Back in the shop the guys are already preparing the local dishes with barehands please!

Well that’s the local way! But I’m here to immerse into the culture right, so let’s go!

Alimul lors du repas de l’Iftar / Alimul during the Iftar meal

So let’s share those chickpeas, ice teas and spicy samosas all together! But it’s getting kind of late and now it’s time to go back to the hotel. Hi bid farewell to the crew, and Alimul is taking me downstairs. He recommends going back by Tuktuk and tells me he’s going to come with me.

One last ride to the force of the driver’s legs ( it’s basically a bicycle with seats for passengers) to give me the full experience and here I am at my hotel.

Finally, I would like to shout out to the organization called “Bangladesh street kids aid”, which you can find on Instagram, which helps marginalized children in Bangladesh to have a better life through education and skateboarding. . Take a look at their work, a big thumbs up to them!

Once again thank you so much DOB skateshop and Arif and I hope to see you again soon!

Florian / @objectifskatefilm 

Laisser un commentaire

You May Also Like
LOCALS- INTERNATIONAL

LOCALS- INTERNATIONAL

Après Paris, la série LOCALS s’exporte avec ce numéro spécial vers Dubaï avec Florian, skateur, vidéaste et Steward.…
Voir Plus