L'actualité de la glisse

L’Afghanistan, le nouvel eldorado du skate

octobre 20, 2014

 

Le Skateistan, nouveau pays réservé aux skateurs? Et bien presque! Cette belle initiative nous vient du skateur australien Oliver Percovich. L’histoire débute en février 2007, quand il débarque à Kaboul, en Afghanistan, avec son skate sous le bras, il rencontre alors un groupe de jeunes des rues désireux d’apprendre à skater. Ayant embarqué quelques planches dans ses bagages, il commence à leur enseigner “l’art” du skateboard. Au vu de l’engouement suscité par le skate auprès des jeunes afghans, l’idée de l’association Skateistan germe dans l’esprit d’Oliver Percovich. Il s’aperçoit du manque d’opportunités pour les jeunes afghans et plus particulièrement pour les filles. Dans un premier temps, il commence par faire construire un skatepark indoor afin d’accueillir les enfants pour y donner des cours de skateboard. Cela permet également aux jeunes filles de pouvoir pratiquer ce sport car en Afghanistan, les femmes n’ont pas le droit de faire du vélo mais il n’y a aucune interdiction concernant le skate.

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I always like to go high on the ramps. When I’m up there, I feel free like I’m flying. I like that feeling a lot.

Hanifa, 14 ans, skateuse afghane

 

Par la suite, le projet prend de plus en plus d’ampleur et les “missions” de l’association évoluent. Elle se “sert” désormais du skate comme “appât” afin d’offrir un droit à l’éducation aux enfants qui travaillent dans la rue, aux filles et aux enfants issus de familles défavorisées.

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Depuis 2009, le Skateistan possède un complexe sportif et éducatif de plus de 5000m², qui accueille environ 350 élèves âgés de 5 à 18 ans, filles et garçons, originaires de toutes les ethnies qui composent le pays. Parmi eux, 40% sont des filles. Un réel exploit dans un pays où la plupart des jeunes filles ne sont pas scolarisées.

50% d’entre eux sont des travailleurs des rues. Le but de l’association est de connecter les jeunes vulnérables à l’éducation via le skate qui devient un outil d’émancipation et d’ouverture vers l’autre en faisant tomber barrières sociales et ethniques. Le projet se révèle particulièrement intéressant pour les filles souvent mises à l’écart de l’éducation depuis le régime des talibans.

Grâce à l’ampleur que prend le projet, le skateistan est déclaré en tant qu’ONG dès 2009 et diversifie ainsi son action en proposant aux élèves des activités scolaires et artistiques, telle que la photographie et la formation aux techniques audiovisuelles. En fait elle offre aux enfants travailleurs des rues, un programme de retour à l’éducation. Des propos même de l’organisation :

En utilisant le skateboard comme un “appât” pour l’engagement des jeunes Afghans et faire tomber les barrières sociales, Skateistan vise à autonomiser les filles et garçons de toutes les ethnies, et toutes les classes sociales. De plus, Skateistan permet d’accéder à des cours pour fournir une éducation, des compétences et accéder à des formes d’expression de soi.

Suite au succès de ce projet, il s’est exporté d’abord dans le nord du pays à Mazar-e-sharif puis au Cambodge à Phnom Penh et dernièrement en Afrique du Sud à Johannesburg. L’association a reçu le soutien de Tony Hawk, qui en est l’ambassadeur. Elle a des sponsors qui lui fournissent du matériel comme des boards évidemment mais aussi des shoes et des protections pour les novices.

 

Un beau projet humanitaire qui met en avant l’humanisme des sports extrêmes. Si ce projet vous intrigue ou vous intéresse, si vous voulez aider l’association rendez-vous sur le site du Skateistan.

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